La censure sur les médias sociaux

L’avènement des médias sociaux a été accueilli avec une exaltation sans précédent car présageant l’apparition d’une  nouvelle ère dans les communications humaines – l’ère de la réelle considération des libertés d’opinion et d’expression.

En effet, il convient bien fort d’admettre le bouleversement que ces nouveaux moyens de communication ont apporté depuis leur apparition à nos modes d’interaction et d’information.

Grâce aux réseaux sociaux l’internaute devient à la fois consommateur et producteur de l’information. Il n’attend plus les vieux grands papiers des éditions de journaux pour se faire informer encore moins le journal télévisé de 20h. Les réseaux sociaux lui ont permis de pouvoir s’exprimer librement à tout moment au travers de ses publications partagés avec son réseau.

Ces médias sociaux devenus le microphone des populations ont un rôle conséquemment immense dans la détermination du niveau des libertés d’expression des personnes.

Lorsqu’ils ne sont qu’une simple interface entre les internautes – sur Twitter : #BlackLivesMatter, #JeSuisCharlie, #RefugeesWelcome, #LoveWins, #IStandWithAhmed… –  ils sont un dispositif de promotion de la liberté d’expression. Les internautes les utilisent donc à leur guise car enfin de compte, n’est-ce pas là, la véritable liberté.

Par contre, lorsqu’ils s’incarnent en filtre se donnant la compétence de tamiser les internautes ainsi que leur opinions et de juger de leurs bien-pensantes afin de décider de ce qu’il convient de diffuser ou pas – ils passent outre leur rôle et se transforment  en autorité de censure. La caricature du grand maître avec son bâillon devient leur nouvelle image.

Si vous avez un jour été victime de censure sur les médias sociaux vous savez  que vous ne pouvez pas dire et écrire sur tout. Vous vous serez vu, vous autocensurer de peur d’être censuré, désactivé ou supprimé des médias sociaux. Vous aurez compris que cette autocensure détruit votre capacité créative et que vous vous laissez consumer par les règles et règlements tellement rigides qu’ils altèrent votre façon de penser.

Le danger de toute censure réside donc au fait que de fil en aiguille ce soit l’individu même qui ne disparaisse. La conscience précédant l’être au même titre que la pensée d’Hegel – et contrairement à celle de Karl Marx qui en donnant la primauté à l’être social, à son existence sur sa conscience ressasse l’idéologie capitaliste où la vie se résumerait qu’à la dimension matérielle – l’individu qui obère sa représentation de la réalité, de ce fait sa conscience pour convenir à une autoflagellation rédhibitoire s’éteint subrepticement.

Se trouve être ici un droit naturel  pour chacune et chacun conformément aux dispositions réglementaires de ne point s’autocensurer de peur d’être censurer.

Sans doute à chaque instant des milliers de publications : créations littéraire, philosophique et sociologique sont supprimées. N’en parlons pas des commentaires et des comptes. Toute œuvre texte, sonore et audiovisuelle qui selon l’attribution des médias sociaux incitant « à la violence et à la haine » est supprimée instantanément.

Peut-être là une mesure de protection des différentes sensibilités. Mais, loin s’en faut, n’obture-t-elle pas les dispositions traitant de la liberté d’opinion et d’expression ?

L’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 stipule que : Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété par ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelques moyens d’expression que ce soit. »

Nous entendrons qu’il faut laisser dire et laisser écrire alors même ce pourrait ne pas être de notre sensibilité. Voltaire disait : « Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes, mais jusques à la mort, je me battrais pour qu’on vous les laissât tenir ».

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